Éducation en zones de conflit : le PASCOFI clôture ses activités sur des résultats probants

Les rideaux sont tombés sur les activités du Projet d’appui à la scolarisation des filles au Mali (PASCOFI) à la faveur d’atelier de clôture ce lundi 13 avril 2026, à l’hôtel Azalaï Salam présidée par le Directeur national de l’Enseignement fondamental, Issoufi Arbert Bédari TOURE. Cette rencontre a marqué l’aboutissement de cinq années d’efforts intensifs pour l’équité scolaire dans les zones de conflit.
Après cinq ans de mise en œuvre (2021-2026), le projet PASCOFI arrive à son terme. Portée par l’Entraide universitaire mondiale du Canada (EUMC) et financée par Affaires mondiales Canada (AMC), cette initiative s’est imposée comme un levier stratégique pour l’éducation dans les régions de Ségou, Mopti et Bandiagara.
Le projet est né d’un constat alarmant : dans les régions touchées par l’insécurité, les filles sont les premières victimes de la déscolarisation.
En réponse, le PASCOFI a déployé une approche holistique agissant simultanément sur l’école, la famille et la communauté. L’objectif était clair : briser les barrières socioculturelles et économiques qui freinent le rendement scolaire des filles de 7 à 12 ans.
Le bilan chiffré témoigne de l’ampleur de l’impact :
200 écoles publiques directement soutenues ;
750 enseignants formés aux pédagogies sensibles au genre ; 15 200 filles et 11 000 garçons ayant bénéficié d’un environnement d’apprentissage amélioré.
Au-delà des chiffres, cet atelier de clôture visait à assurer la pérennité des acquis. Monsieur Issoufi Arbert Bédari TOURE a souligné l’importance d’un partage « holistique » des expériences pour que les leçons apprises servent de boussole aux futures politiques éducatives du pays.
La Directrice pays du projet, ainsi que les représentants de l’Ambassade du Canada et du Ministère des Affaires étrangères, ont salué la synergie d’actions entre les différents acteurs : services techniques de l’Éducation, autorités régionales et les ONG partenaires (AMSS, AMSOD, EVEIL et ASG).
L’un des moments forts de la cérémonie a été l’implication solennelle des élus locaux. À travers la remise de cahiers de charges, ces derniers se sont engagés devant le Ministère de l’Éducation Nationale à assurer le suivi des réalisations.
« Le projet s’arrête, mais l’éducation des filles doit continuer d’être une priorité nationale », ont rappelé les acteurs présents.
La diffusion de magazines vidéo retraçant les succès du volet DJIGITUGU, des témoignages poignants et la remise d’attestations de reconnaissance ont clôturé cet événement, laissant derrière lui les fondations d’une éducation plus inclusive et résiliente pour la jeunesse malienne.
Abdoulaye OUATTARA
Bamako Matin
